Maison de l'architecture
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Lettre d'info
 

Du Lundi 6 Décembre 2004 au Mercredi 31 Décembre 2008
Grand-Lyon
Dans la ville ... (textes parus en 2004)
On passe devant chaque jour sans connaître leur histoire. Les bâtiments construits à Lyon au XXème siècle témoignent pourtant du dynamisme et de la diversité de l'architecture contemporaine.
20 Minutes, en partenariat avec la Maison de l'architecture Rhône-Alpes, vous propose de découvrir chaque lundi en page 3 l'originalité de ces réalisations.

* Chapelle de l’Hôpital Saint François d’Assise
17 rue Saint François d’Assise 69001 Lyon

Réalisation : 1925
Architecte : Michel Roux-Spitz
Vitraux : M. Schmidt, 1964
Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C2.3

A l’intérieur du centre hospitalier, un petit bâtiment, repérable grâce à sa coupole blanche de béton et de verre. L’intérêt architectural est à l’intérieur.
Le coup de génie, c’est la distribution de la lumière naturelle. De côté, les vitraux, réalisés plus tard, éclairent délicatement la nef. Mais on est saisi par le halo intense diffusé sur le chœur par la coupole qui apparaît progressivement lorsqu’on avance. Cette clarté vive et diffuse laisse l’abside dans la pénombre. Comme un mystère. Atmosphère de paix et de recueillement sur la vie, l’au-delà.
Un grand architecte signe une réalisation modeste d’une indéniable qualité.

R. Dussud (6 décembre 2004)


* Immeuble de logements « Duquesne »
42 rue de Créqui, 45 rue Vendôme 69006 Lyon

Réalisation : 2002
Architecte : Régis Gachon
Paysagiste : Atelier Olivier Poëtte
Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C2.4

Cet immeuble se glisse avec évidence dans un environnement architectural ancien de qualité, en affirmant clairement qu’il est d’aujourd’hui. Une façade nuancée faite d’opacités et de transparences, ponctuée de larges persiennes, dont on imagine très bien tout le confort à vivre qu’il y a derrière. Car il s’agit bien de cela : apporter de la qualité de vie.
A l’intérieur du logement, le système des loggias et des persiennes, assorti de fenêtres toute hauteur fonctionne : la lumière est partout. Chaque habitant peut en jouer à sa guise. Son intimité est protégée, et pourtant s’il le souhaite, la ville et le ciel entrent chez lui.

V. Disdier (13 décembre 2004)


* Studio de cinéma, scène de répétition théâtrale « Studio 24 »
24 rue Emile Decorps 69100 Villeurbanne

Réalisation : 2002
Architectes : Nicolas C. Guillot, R. Molnar & P. Piccinato
Scénographe : R. Boursin
Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E3.12

Comment fabriquer un outil de travail, tel qu’un studio de cinéma ? La façade doit nécessairement offrir une protection maximale entre un environnement urbain et les tournages qui s’y déroulent.
Dedans, une boîte technique flexible et polyvalente pour répondre à plusieurs usages.
Dehors, affirmer une identité différenciée de celle d’un local industriel ou commercial : dire à la ville que derrière vit un univers de création. La couleur rappelle cette destination. Elle évoque l’écran de cinéma, celui de la télévision, tels des énormes pixels dont la hauteur se dilate au fur et à mesure que l’œil progresse vers le haut du bâtiment.

V. Disdier (20 décembre 2004)


Du Lundi 6 Décembre 2004 au Mercredi 31 Décembre 2008
Grand-Lyon
Dans la ville ... (textes parus en 2005)

* Immeuble de logements « Beau site »
3 boulevard de la Croix-Rousse 69004 Lyon

Réalisation : 1959
Architecte : Pierre Tourret
Plasticien : Jean Amado
Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : B2.11

Cet immeuble, qui s’impose avec force et élégance au paysage de la Croix-Rousse, est un très bel exemple d’habitat bourgeois dessiné dans les années 50.
Tout l’intérêt et la qualité architecturale résident dans la conjugaison raffinée entre un volume rectangulaire et les nuances introduites à l’intérieur, par le dessin, le relief et la couleur. Leur combinaison crée le mouvement. Les pilotis, sur lesquels reposent les douze étages, donnent à l’ensemble de l’immeuble, légèreté et dynamisme. Cette architecture raconte qu’au-delà de la rigueur géométrique, coexiste une réalité bien plus poétique. Il suffit d’y prêter attention.

F. Vitali (10 janvier 2005)


* Opéra de Lyon
Place de la comédie 69001 Lyon

Réalisation : 1993
Architecte : Jean Nouvel
Mise en lumière : Yann Kersalé
Initialement : le Grand théâtre, Pollet et Chenavard architectes, 1832

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.6

L’Opéra de Lyon est une architecture hybride. Un élégant bâtiment de pierres du XIXe siècle, aux rythmes et proportions soignés, coiffé récemment d’une simple voûte d’acier et de verre à la texture riche et délicate : deux époques et deux écritures architecturales opposées.
Mais un ensemble unique pour contenir un volume étrange, noir et lustré comme un beau piano, qui enveloppe la salle de musique à l’intérieur vêtu de rouge. Ce rouge qui illumine la voûte de verre des pulsations de la musique et qui s’offre en spectacle à la ville.
Un bâtiment magistral représentatif de l’architecture-spectacle de la fin du XXe siècle.

G. Perraudin (17 janvier 2005)


* Immeuble de logements « Atlas »
65 à 69 avenue de Saxe, 2 rue Le Royer, 27 rue de Bonnel 69003 Lyon

Réalisation : 1931
Architecte : Georges Trévoux

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.12

C’est certainement l’un des immeubles Art-déco les plus réussis de Lyon. Il formait avec le garage qui le jouxtait à l’est, transformé depuis en hôtel, un ensemble construit par le même architecte sur un seul îlot. Comme beaucoup des grands immeubles de l’entre-deux-guerres situés dans le centre, il a fait l’objet de dérogations payantes pour s’élever plus haut et plus en avant que le gabarit permis par le règlement. Encorbellements sur trois rues et balcons aux derniers étages affirment son volume, souligné par un beau travail sur la peau de l’immeuble : motifs cannelés et géométriques.

A.S. Clemençon (24 janvier 2005)


* Villa Lafont-la Ferrandière
22 avenue du 4 septembre 1797 69100 Villeurbanne

Réalisation : 1925
Ingénieurs : Bureau technique de construction, Léon Lelièvre, Léon Barbier

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.19

« La maison sans porte » : cette appellation montre bien l’originalité qui se dégageait alors de
l’étonnante villa commandée, en même temps que son usine jointive, par Adolphe Lafont, le chef d’entreprise des célèbres « bleus » de travail. La rencontre d’une femme tout à la fois moderne et fascinée par les maisons pompéiennes, Madame Lafont, et de l’un des premiers bureau spécialisé en béton armé dans la région est à l’origine de cette œuvre inclassable, où apparaissent les prémices du Mouvement moderne. L’influence de Tony Garnier, la distribution ouverte, le confort, cohabitent de façon surprenante avec des survivances de la tradition italienne et de l’Art nouveau.

A.S. Clemençon (31 janvier 2005)


* Immeubles de logements
14-14 bis et 18 boulevard des Belges 69006 Lyon

Réalisation : 1931
Architecte : Marius Bornarel

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D2.9

Au siècle passé, aux confins des marécages, des Brotteaux, sur un terrain difficile, mal aisé et d'aucun côté au soleil exposé, un architecte a conçu, a financé ce bel immeuble.
Sur ce délaissé rébarbatif, Marius Bornarel a exprimé par l'architecture, la rencontre biaise entre la logique civile du plan Morand et la logique militaire de fortifications transformées en boulevard.
Les trois façades sont rythmées d'un jeu d'orgue et de bow-windows allant chercher la vue d'un coté et la lumière de l'autre. Loin de l'aluminium couleur bronze et du faux classique, les ferronneries des portes et balcons participent à l'architecture.

J. Rey (7 février 2005)


* L’Eglise Notre-Dame de Balmont
Avenue Andreï-Sakharov 69009 Lyon

Réalisation : 1965
Architecte : Pierre Genton
Sculpteur : Etienne Martin
Ferronnier d’art : Yves Bouget
Actuel Ciné-Duchère

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : B2.1

Avec ses quatre cylindres de béton comme des tours, un glacis qui l’encercle et sa flèche pointée vers la ville, la construction évoque le fort militaire de la Duchère, où elle s’implante.
Car cette architecture est un assemblage rigoureux de formes simples : cube, cylindre, pyramide. Vêtue d’un rude béton, elle est une belle composition abstraite de la période « brutaliste ».
Mais cette rigueur est corrigée par quelques rondeurs de galets et un sensuel brise-soleil de bois sculpté par où la lumière du ciel ne pénètre malheureusement plus dans ce lieu (qui fût) sacré : il est désormais voué au culte cinématographique.

G. Perraudin (14 février 2005)


* Immeuble de logements « Les Cèdres »
44 rue de la Favorite 69005 Lyon

Réalisation : 1962
Architectes : François-Régis Cottin, Alain Chastel
Façades : Jean Prouvé, ingénieur

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : B3.2

De longue date, les collines de l'Ouest lyonnais se sont inexorablement peuplées de tristes architectures oubliant même ce qu'elles pastichaient.
En des temps oubliés, où l'optimisme du devenir faisait taire les conformismes et inspirait l'architecture, François Régis Cottin et Jean Prouvé ont osé un immeuble de béton, de métal et de verre, écrin de monumentales frondaisons. Ils libérèrent les logements de la contrainte de murs indestructibles. Les cloisons en bois devenaient mobiles.
Le parler populaire baptisa ce rayon de lumière argenté, émergeant de la médiocrité ambiante, du nom d'un train de rêve : Le Mistral.

J. Rey (21 février 2005)


* Immeuble de logements
6/8 rue Grataloup 69004 Lyon

Réalisation : 1994
Architectes : Françoise-Hélène Jourda & Gilles Perraudin

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C2.2

La Croix-Rousse : un immeuble moderne s’insère discrètement dans le tissu urbain dominé par la typologie de l’immeuble canut qu’il revendique. Alignement sobre et respectueux, fenêtres hautes et répétitives. De plus près, une lumière généreuse ou filtrée pour des logements en duplex. Des matériaux référencés, choisis avec soin. Quelques pas encore côté cour et l’effet est bluffant ! Une résille de béton rapportée innerve la façade de coursives et d’escaliers. Un tour de force alliant réminiscence de l’architecture Canuse et optimisation de l’espace intérieur. Attentions et qualité rares pour un immeuble d’habitat social.

F. Vitali (28 février 2005)


* Villa du directeur de l’Ecole municipale de Tissage
49 cours Général Giraud 69001 Lyon

Réalisation : 1929
Architecte : Jean Faure

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.2

En ces temps, l'ombre monumentale de Tony Garnier planait sur la cité, confinant l'architecture dans un néo classicisme compassé ignorant des nouvelles tendances créatrices.
A Lyon, seul Manomètre, revue surréaliste du docteur Malespine, parlait des avant gardes, du Bauhaus. Sa lecture inspira Jean Faure pour ce petit bâtiment.
Il adopta formes et techniques nouvelles, plan et façades libres, fenêtres horizontales.
Entre la rue Rivet, où naquit Garnier et l’Ecole de Tissage qu’il construisit, cette modeste villa accrochée à la colline, préfigure dans la cité rhôdanienne, l’arrivée d’un âge nouveau, celui du mouvement moderne.

J. Rey (7 mars 2005)


* Immeuble de logements « Le Constellation »
49 cours de la Liberté 69003 Lyon

Réalisation : 1964
Architecte : Auguste Murat

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.14

Auguste Murat fut un marginal ne se référant à aucune école. De son inégale production émergent quelques œuvres remarquables. Il a dessiné, pour ce modeste coin de rue aux portes de la Guillotière, un subtil immeuble ouvrant des façades toutes vitrées sur la rue et protégeant l'intimité de ses habitants par un jeu mobile de volets rythmant l'architecture au fil du temps.
Ce bâtiment illustre qu'il n'est pas nécessaire d'imiter l'architecture du XIX° siècle pour figurer honorablement le long d'une belle avenue lyonnaise parée du beau nom de liberté. A l'angle de la rue Mazenod, la liberté aura été celle de la création.

J. Rey (14 mars 2005)


* Immeuble de logements « Les Erables »
250-259 avenue des Erables 69009 Lyon

Réalisation : 1967
Architecte : Jean Dubuisson
Sculpteur : Touplos Philolaos

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : B2.6

Aujourd’hui, tout intellectuel branché doit habiter au cœur du patrimoine mondial. Aux temps d’un joli mois de mai, il convenait de se loger à la Duchère dans ce bel et fascinant immeuble blanc. Depuis les cités radieuses, aucun architecte mieux que Jean Dubuisson n’avait conçu un habitat si raffiné, si proche de ce qui enthousiasmait les fougueux militants de la modernité. La radicalité de son inscription dans le site monumental, s’accompagne d’un subtil rapport intérieur / extérieur, tant au niveau des logements pourvus d’immenses loggias, que du hall en rez-de-chaussée, espace convivial conduisant de l’espace intime à l’espace public.

J. Rey (21 mars 2005)


* Groupe scolaire de Gerland « Aristide Briand »
293-295 avenue Jean Jaurès 69007 Lyon

Réalisation : 1932
Architectes : Victor Robert et Auguste Chollat
Sculpteur : Pierre Devaux

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C5.4

L'éducation était au cœur de ceux qui, pour émanciper les classes laborieuses, offraient une alternative urbaine aux taudis ordinaires des lieux industriels. Donnant sur l'avenue, cette architecture exprime, par sa monumentalité, la place de l'école dans la cité nouvelle. Pour atteindre cet objectif, Robert et Chollat n'ont pas eu recours aux oripeaux académiques, colonnades ou corniches. Ils se sont inspirés du langage nouveau des avants gardes exprimant un monde rationnel, lumineux. Leur architecture, grâce au béton armé, combine des jeux subtils de verticales et d'horizontales, de larges baies et d'angles vitrés.

J. Rey (4 avril 2005)


* Immeuble de logements « Tour panoramique »
Avenue du Plateau 69009 Lyon

Réalisation : 1972
Architecte : François-Régis Cottin

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : B2.4

Pour convaincre les accédants d'acquérir un appartement au cœur de logements sociaux, un courageux promoteur leur proposa une tour, aujourd'hui unique objet de nos ressentiments urbains. Cet immeuble en accession se valorisât par la seule force de son architecture à l'exclusion de tout décor somptueux.
Il s'accrocha dans le ciel en de multiples redans ouvrant à ses habitants le merveilleux spectacle des collines lyonnaises.
A ses pieds, il accueillit le visiteur en des espaces monumentaux conjuguant la poésie médiévale avec celle du métal et du béton armé en ce rapport, si cher à Cottin, entre modernité et histoire.

J. Rey (11 avril 2005)


* Hôtel des Postes
28 rue Jean Moulin 69300 Caluire

Réalisation : 1968
Atelier René Gagès, Georges Meulien architecte

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C1.2

René Gagès de retour de Berlin fit découvrir une étrange école quasi inconnue à Lyon : Le Bauhaus.
Cette révélation culturelle, non corbuséenne, inspira une génération de créateurs regroupée au sein de l'Atelier Gagès. Soutenus par leur patron, les jeunes architectes firent de ce petit programme une sorte de manifeste. Les fenêtres d'angle symbolisèrent cette filiation au Bauhaus ainsi que la désarticulation des architectures en de successifs volumes en béton blanc. Ce nouveau langage avait pour objet d'intégrer le bâtiment à son environnement et de concevoir des rapports entremêlés entre l'espace public et l'espace interne.

J. Rey (18 avril 2005)


* Immeuble de bureaux AGF
65-69 avenue de Saxe, 28 rue de Bonnel 69003 Lyon

Réalisation : 1973
Architectes : Daniel Damian, Charles Delfante

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.13

L'hégémonique béton lyonnais rejeta longtemps le métal et, ipso facto, le métallique célébré par l'architecte américain Mies van der Rohe. Ce bâtiment échappa heureusement à la règle. Enfant de deux architectes, l'un chevronné, l'autre frais émoulu de l'école, cet immeuble reste un des rares exemples local du Purisme. A l'angle de deux grandes artères, ces simples volumes de métal et de verre n'écrasent nullement les tissus alentours, malgré l'absence radicale de concession à un quelconque stylisme. L'aménagement au sol conforte ses rapports à la ville. Ils auraient mérité une autre animation en rez-de-chaussée.

J. Rey (25 avril 2005)


* Immeuble de logements
2 rue de Saint Cyr 69009 Lyon

Réalisation : 1911
Architecte : Emmanuel Cateland
Ingénieur : Blazin

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : B2.8

S'il y a une école moderne à Lyon, Emmanuel Cateland, professeur de construction à l'Ecole d'Architecture, en est le père. A l'angle du quai et de la rue d'un quartier populaire existait un bistrot. En le surélevant, il en fit le premier gratte-ciel lyonnais. Ici, passant de la théorie à la pratique, le premier, il mit en œuvre la technique du béton armé.
L'écriture architecturale inspirée de l'école viennoise rompait avec le néoclassicisme ambiant.
Elle annonçait, vingt ans avant Villeurbanne, la naissance d'une nouvelle manière de voir l'architecture.
Cet immeuble est une icône pour les architectes d’aujourd’hui.

J. Rey (2 mai 2005)


* Station de métro « Saint-Jean Vieux-Lyon »
Avenue Adolphe Max 69005 Lyon

Réalisation : 1991
Architectes : Bernard Garbit & Bernard Pochon
Plasticien : Georges Geormillet

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.17

Garbit & Pochon n'ont cessé de consacrer leurs efforts à la discrète recherche d'un plaisir architectural.
Au cœur du patrimoine mondial, leur architecture nous conduit vers les hauts de la cité. Elle nous entraîne dans les tréfonds en un discours contemporain dialoguant sans nostalgie avec l'histoire.
Un puit recherche la lumière ainsi que la nef des cathédrales. Le dessin moderne du métal joue avec la courbure romane des voûtes.
Ce cheminement architectural au rythme musical enchante les yeux du voyageur. Un long escalier mécanique le conduit aux entrailles de la terre pour découvrir l’œuvre poétique de Geormillet.

J. Rey (9 mai 2005)


* Immeuble de logements « Barioz »
7 quai Général Sarrail 69006 Lyon

Réalisation : 1932
Architectes : L. & C. Donneaud

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.11

Aucun prince n'ayant doté Lyon d'une perspective monumentale, la nature lui donna le Rhône. Des architectures ont voulu s'illustrer le long de ses rives : l'Hôtel Dieu, les Facultés, aujourd'hui la Cité Internationale. Célébrant de nobles activités, elles animent la rigueur des façades. Pour signifier l'inventivité du textile lyonnais, un soyeux et un architecte sont allés puiser leur inspiration dans la modernité du siècle. Vers le nord et vers le sud, dominant les toits, deux hiératiques visages ouvrent leurs yeux sur le monde. L'enthousiasme jubilatoire de cette architecture offre un moment de rêve au promeneur des quais.

J. Rey (3 mai 2005)


* Immeuble de logements des « Soieries Rosset »
9 quai Jean Moulin 69002 Lyon

Réalisation : 1934
Architecte : Georges Curtelin
Sculpteur : Louis Bertola

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.8

La rive droite du Rhône n'a jamais oublié qu'elle fut muraille quand le fleuve marquait la frontière avec la plaine dauphinoise. Cette mémoire a perduré, consciemment ou inconsciemment, dans les bâtiments domestiques ou publics. Leurs architectures regardent le fleuve avec méfiance. L'architecte Georges Curtelin conçu ce bâtiment autour d'une cour intérieure donnant sur les quais. Ce dispositif, très rare à Lyon, perce une brèche symbolique dans la fortification en ouvrant les bras de l'immeuble au soleil levant. Brisant volontairement l'horizontalité ambiante, la verticalité des avants corps accentue encore la faille.

J. Rey (30 mai 2005)


* Immeuble de logements « Le Palais de Flore »
8 boulevard Jules Favre 69006 Lyon

Réalisation : 1930
Architecte : Clément Laval

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.3

Depuis le fameux immeuble de Time Square, les terrains triangulaires sont une aubaine pour la création architecturale. Le palais de Flore en est l'illustration lyonnaise.
Cet immeuble de structure métallique, en son temps le plus haut de France, s'inscrit dans cette partie des Brotteaux qui, dans la première partie du XX° siècle, suscita l'imaginaire des créateurs.
Son extraordinaire jeu d’oriels rythme sa façade. Son profil se détache dans le ciel lui donnant des allures de science fiction.
Cette fière proue de béton annonçait avec enthousiasme des lendemains urbains qui, alentour, ne furent pas toujours au niveau des espérances.

J. Rey (6 juin 2005)


* Immeuble de logements « Les jardins de Clément V »
19 rue du Viel renversé, place Benoît Crépu 69005 Lyon

Réalisation : 1991
Architecte : Richard Plottier

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.19

Le rapport à l'histoire n'est pas une question de style. La preuve nous est fournie par l’œuvre de Richard Plottier.
Pour lui, le respect du contexte n'est pas un vain mot.
Coté Saône, il dialogue avec l'immeuble néo byzantin de Pierre Bossan, l'auteur de Fourvière.
En fond de la rue Gonin, il offre au voyageur une trouée vers le ciel.
Sur les toits, les verrières donnent aux habitants la vue sur les étoiles et le cœur de la cité.
La pierre, la géométrie des ouvertures ne sont ni renaissantes, ni classiques. Elles se réfèrent aux fondements de l’architecture lyonnaise : l’intelligence du site et le culte de la simplicité.

J. Rey (13 juin 2005)


* L’école d’architecture de Lyon
3 rue Maurice Audin 69120 Vaulx-en-Velin

Réalisation : 1987
Architectes : Françoise-Hélène Jourda & Gilles Perraudin
Peintre : Patrice Giorda

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : F2.2

Cette œuvre est une leçon d’architecture. Matières et formes disent les relations entre des hommes et le monde ordonné qu’ils habitent.
Au sol, un lourd socle de béton, aux formes de construction ancestrales, dédié aux enseignements fondamentaux.
En l’air, une subtile forêt contemporaine de bois, de verre, de métal et de tissu pour les ateliers de création, reliés librement au ciel et à l’imaginaire.
En tête, magistral atrium pour administration et enseignants.
Au cœur, le vide d’une rue publique irrigue les activités.
Partout, la lumière généreuse donne à comprendre les forces et les pesanteurs de la vie et de la matière.

A. Vargas (20 juin 2005)


* Consulat Général de la République de Pologne
79 rue Crillon 69006 Lyon

Réalisation : 1976
Architecte : Paul Sembrat

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D2.15

L'angle des rues est une situation propre à inspirer tout architecte. Cette circonstance fit le charme des beaux immeubles de la rue Président Carnot et de leurs tourelles d'angle.
On n'imaginait plus qu'un discours cubiste et minimaliste puisse s'acclimater à ce type de contrainte.
Ce bâtiment moderne y parvient en s'inscrivant dans le quadrillage Morand, ainsi que le jazz dans les antiques ruines de Vienne. Il réinterprète les rythmes et les échelles de ce quartier. Il redonne au marbre une noblesse qu'il avait perdue en servant de faux semblant à la pénurie architecturale des façades et des allées alentours.

J. Rey (27 juin 2005)


* Immeuble de logements « Parc de Saint-Didier »
77 chemin des Esses 69370 Saint-Didier-au-Mont d’Or

Réalisation : 1965
Architectes : René Gagès, Gabriel Roche

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : B1.1

Certains "ayant les moyens" préfèrent la villa Noailles de Mallet-Stevens aux élucubrations néo-florentines. Grâce à un promoteur courageux, les architectes exprimèrent dans cet immeuble tout ce qu'il y avait de respectable et de cultivé dans la clientèle lyonnaise aisée.
Perchée sur ses pilotis, cette architecture s'insère dans les magnifiques frondaisons de l'ancienne propriété de l'écrivain Henry Béraud. Elle s'inscrit dans le grand paysage des Monts d'Or en l'une des rares communes de ce territoire permettant la création contemporaine.
De vastes balcons offrent au repos des propriétaires le magnifique spectacle du Val de Saône.

J. Rey (4 juillet 2005)


* Immeuble de bureaux
82-84 rue du 1er mars 1943 69100 Villeurbanne

Réalisation : 1970
Architectes : Marcel Lods, Paul Depondt, Henri Beauclair

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E3.10

Marcel Lods fut un des grands de l'architecture rationaliste. Il professait que la technique pouvait amener la liberté aux créateurs et aux usagers. Son extrême rigueur le rendait insensible à tout formalisme.
Cet immeuble est l'illustration aboutie de sa conception de la mobilité.
Le système structurel et le plancher technique permettent la mutabilité totale de plans se recomposant au fil des usages.
Les façades ouvrent largement sur le soleil et la nature.
La simplicité de l'écriture architecturale traduit la profondeur de la pensée et la dialectique savante entre esthétique et technique, caractéristiques des productions de ce grand architecte.

J. Rey (11 juillet 2005)


* Place des Terreaux
69001 Lyon

Réalisation : 1994
Architecte : Christian Drevet
Plasticien : Daniel Buren

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.7

A la demande du pape Jules II, Michel Ange projette, au cœur de Rome, la place du Capitole. Il métamorphose ce délaissé en espace public par un subtil jeu graphique fédérant les façades alentours. Cette démarche plastique inspirât, sans passéisme, Drevet et Buren. Un quadrillage se référant à la façade du palais Saint Pierre structure le lieu. Des colonnes monumentalisent les architectures domestiques des flancs de la Croix Rousse. L'œuvre de Bartholdi se positionne dans l'axe de la porte monumentale du musée dégageant une possible continuité entre la traboule de l'hôtel de ville et celle jamais ouverte qui lui fait face.

J. Rey (18 juillet 2005)


* Immeuble de logements « Les Deux Amants »
15 à 39 rue du Professeur Patel 69005 Lyon

Réalisation : 1973
Architectes : Anger, Heymann, Clerc, Dallières

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : B3.1

Les tours d'habitation de l'île verte à Grenoble, avaient, en leur temps, fait vibrer un espace architectural asséché par le productivisme. Roger Anger poursuivit cette recherche à Champvert. Ce plateau regorgeait autrefois de magnifiques propriétés bourgeoises Elles furent massacrées, les unes après les autres, par une urbanisation chaotique, fruit des opportunités foncières et de l'imaginaire défaillant d'architectes englués dans le pragmatisme. Au contraire, dans ce projet, le jeu des éléments préfabriqués n'aboutit plus à une triste répétitivité mais, par une imbrication savante, génère une pulsation poétique de l'espace.

J. Rey (22 août 2005)


* Immeuble de logements
3 quai de Bondy 69005 Lyon

Réalisation : 1938
Architectes : Victor Robert & Jean Marin

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.4

Faut-il, pour être une architecture lyonnaise, montrer à jamais des baies verticales imitant celles des immeubles canuts ? Robert et Marin, architectes sans conteste lyonnais, apportent une réponse au cœur identitaire de la cité. Pour eux, le respect du site est une question de regard. Il ne saurait être réduit à la géométrie des ouvertures. Leurs fenêtres horizontales et leurs fenêtres d'angles ouvrent la vue sur l'un des plus beaux paysages de la ville. La discrétion et la juste échelle de cet immeuble l'inscrivent parfaitement le long d'un quai comptant déjà l'œuvre prémonitoire d’Huguet : la Salle Molière.

J. Rey (29 août 2005)


* La boite à ballons
Parc des Sports, route de la gare 69340 Francheville

Réalisation : 2001
Architectes : Rue Royale
Plasticien : Laurent Vailler

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : A4.1

Cette salle de basket et de volley-ball vient compléter des équipements sportifs existants. Au-delà elle offre une touche de poésie dans un univers tristement médiocre. La simplicité de son volume l’inscrit avec intelligence dans son site. Sa lecture est évidente : une petite boite noire signifie l’entrée, le « jardin vertical » imaginé par Vailler sur les façades dialogue avec le paysage. Le vitrage directement posé sur le socle confère une grande légèreté à la salle. A l’intérieur, cette source de lumière naturelle, apporte un confort supplémentaire aux joueurs tout en les protégeant des regards extérieurs trop appuyés.

V. Disdier (12 septembre 2005)


* Centre hospitalier « Saint-Joseph-Saint-Luc »
20 quai Claude Bernard 69007 Lyon

Réalisation : 2001
Architectes : CRB, Didier Manhès
Artiste : Cécile Bart
Aménagement intérieur : Atelier Canal

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C4.2

Le long du Rhône aiment à s'illustrer, les grandes ambitions de la modernité lyonnaise : Cité Internationale, Universités, Musée, Lycée International. Cet hôpital renouvelé prit le parti de calmer le jeu en s'inscrivant sans emphase dans ce panégyrique institutionnel. Une légère galette surligne l'horizontalité des arbres d'alignement. Attendant le tram, s'offre au voyageur un jeu savant de transparences et de cours anglaises. La sérénité de la façade vitrée, ponctuée par les colorations de Cécile Bart, dédramatise les souffrances supposées de l'hospitalisation dans un établissement réputé fonctionnellement remarquable.

J. Rey (19 septembre 2005)


* Halle de Gerland
283 avenue Jean Jaurès 69007 Lyon

Réalisation : 1934
Architecte : Amudruz

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C5.2

Gerland accueillit la révolution industrielle du XX° siècle naissant. Il fallait loger et offrir des services. Les nouveaux immeubles ne ménageaient plus de commerces en leurs pieds. Fut alors imaginée cette petite halle, ancêtre des supérettes de quartier. Elle devait signaler, illustrer sa présence par une architecture exprimant la modernité du concept commercial.
La transparence accueillante du porche vitré est magnifiée par deux hampes, supports potentiels de drapeaux publicitaires. L'effet est si fort que, malgré sa petite taille, ce bâtiment existe encore parmi des constructions qui le dominent et pourraient l'écraser.

J. Rey (26 septembre 2005)


* Bureaux « Atelier de la Rize »
30 rue du Lac 69003 Lyon

Réalisation : 1989
Architecte : Albert Constantin
Sculpteur : Josef Ciesla

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.18

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les agences des architectes ne sont pas toujours des exemples d’architecture ! Ici, Constantin offre à la rue sa carte de visite. Sur un délaissé urbain, à la jonction d’un quartier d’habitation populaire et celui de la Part-Dieu, il fait preuve d’une grande ingéniosité sur un territoire pourtant très contraint. Dans ce chao ambiant, il dessine un atelier limpide : trois voiles de béton encadrent les façades de verre, un escalier d’angle - qui rappelle sans passéisme ceux des immeubles de la Croix-Rousse - assure l’autonomie des étages, au sommet - une courbe de cuivre toute douce.

V. Disdier (3 octobre 2005)


* Immeuble de logements
129 rue Vendôme 69006 Lyon

Réalisation : 1936
Architecte : Félix Brachet

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.10

Les historiens du futur auront du mal à dater les architectures de cet îlot. Seule l'hypothèse d'une fin de millénaire décadente expliquera le voisinage d'un immeuble "moderne" construit en 1936 et d'un emphatique pastiche néo classique érigé à l'aube du XX° siècle.
Félix Brachet avait compris que l'architecture était affaire de bon sens et non de contresens, de réflexion et non de style. Au débouché d'une rue, dans une écriture architecturale simple et efficace, il a ouvert aux résidents une vue biaise sur la place. Cette fine tour d'angle invite à déguster les frondaisons de cette merveilleuse séquence de la rue Vendôme.

J. Rey (10 octobre 2005)


* Médiathèque
5 avenue Marcel Houël 69200 Vénissieux

Réalisation : 2001
Architecte : Dominique Perrault
Designer : Gaëlle Lauriot-Prévost

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E6.3

Située stratégiquement au centre de la ville, la médiathèque est le pivot d’une importante restructuration urbaine. Telle un caméléon, cette architecture de glace, tantôt blindée, tantôt illuminée, s’efface sous la lumière. Le volume simple et clair, la texture unique et neutre, la rigueur rythmique lui confèrent mystère et pureté. A l’intérieur, toute cette consistance donnée par ces façades de verre aux reflets métalliques, disparaît. Une galerie périphérique constitue l’entre-deux avec l’extérieur. Toute la perméabilité en est assurée par des plaques de tôle perforées qui filtrent subtilement la relation avec la ville.

F. Vitali (17 octobre 2005)


* Eglise Notre-Dame du Monde-Entier
240 avenue du Plateau 69009 Lyon

Réalisation : 1968
Architecte : François-Régis Cottin
Ferronnier d’art : Yves Bouget
Nom actuel : Eglise du Plateau

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : B2.5

A la Duchère, F.R. Cottin ne fait plus de l’église le signal urbain traditionnel. A l’ombre de la tour, la sienne se cache au creux d’une butte. Cet écrin végétal lui crée une zone de protection et de silence propice au recueillement. A l’intérieur, toute la force de l’architecture se ressent : atmosphère mystérieuse et ouatée où le temps semble suspendu et où la lumière règne. Comme en lévitation, la toiture constituée d’une charpente de bois en lamellé-collé, ne repose pas sur les parois de verre et de béton, desquelles elle est distante ; plus subtilement, elle est soutenue par 4 poteaux métalliques situés à l’intérieur.

F. Vitali (7 novembre 2005)


* Etablissements « Voiron-Chartreuse Tissage »
34 rue Waldeck Rousseau 69006 Lyon

Réalisation : 1926
Architecte : Paul Bruyas
Aujourd’hui « Maison de l’Enfance »

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.2

Installés au cœur d'une urbanisation liée à la nouvelle gare de Genève, les établissements Bourdelin s'y illustrèrent par l'architecture.
De part et d'autre d'une tour d'angle, s'organisaient ateliers, administration et logement de service.
La façade principale était séparée de la rue par un jardinet clos d'une grille raffinée. Il n’en subsiste malheureusement qu’un arbre magnifique. Soulignée par un emmarchement, la porte d'entrée anoblie par une belle ferronnerie est signalée par le mouvement de la corniche du premier étage. A l'intérieur, l'espace central est éclairé par un dôme en pavés de verre ronds évoquant un ciel étoilé.

J. Rey (21 novembre 2005)


* Facultés des Lettres et Sciences Humaines, Université Lumière Lyon II
Avenue de l’Université 69500 Bron

Réalisation : 1972
Architectes : René Dottelonde, R. Pastrana,
I. Weeke
Ingénieurs : Jean Prouvé, Petroff
Paysagistes : Tribel et Grunig

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : F5.1

Il est des œuvres symboles de l'esprit d'un temps. Cet ensemble emblématique, aujourd'hui paupérisé, fut la première manifestation construite de la réforme universitaire issue de mai 68. Il s'offrait en alternative aux campus composés tels les grands ensembles et peuplés d'objets isolés. Cette nappe à croissance infinie s'inspirait des travaux du groupe anglais Archigram. Elle s'organise autour d'un cheminement reliant espaces d'enseignements, de culture et d'échange.
La technologie, due aux célèbres ingénieurs Prouvé et Petroff, mettait en œuvre une industrialisation légère, ouverte, contestant enfin l'hégémonie statique du béton.

J. Rey (28 novembre 2005)


* Station de métro « Parilly »
Place Grandclément 69200 Vénissieux

Réalisation : 1992
Architectes : Françoise Jourda & Gilles Perraudin
Peintre : Patrice Giorda

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E5.1

Voyager, entre boulot et dodo, en de sombres tunnels, quel triste destin pour les métropolitains ! L'architecture des stations arrive à point nommé pour s'échapper en ville et en rêves, ou s'enfouir dans les entrailles de la terre. Jourda et Perraudin nous offrent ce précieux instant de poésie. Une forêt d'arbres minéraux soutient la voûte de cette cathédrale engloutie. Archéologie contemporaine, elle est préservée des intempéries par un léger voile, support de l'œuvre de Patrice Giorda. Inspirée par le génial Catalan Antonio Gaudi, cet ensemble s'inscrit dans la contestation baroque d'une modernité trop souvent asséchée.

J. Rey (5 décembre 2005)


* Piscine expérimentale découvrable
16 rue Georges Levy 69200 Vénissieux

Réalisation : 1970
Architecte : Roger Taillibert
Ingénieur : Stéphane Duchâteau
Nom actuel : Piscine intercommunale Lyon-Saint-Fons-Vénissieux

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D5.3

Roger Taillibert a réalisé 4 piscines expérimentales de grande dimension en France : Paris, Reims, Nogent-sur-Oise, Vénissieux.
Le principe adopté est celui de la couverture mobile, permettant de couvrir en quelques minutes un bassin de natation en plein air.
Inspirée du parasol rapidement déployable et repliable qu’il avait conçu à Cannes pour protéger le théâtre de verdure de Palm Beach, la structure consiste en un mât situé à l’extérieur de manière à libérer la surface du bassin et des plages. En son sommet, un rayonnement de câbles fixes sur lesquels coulisse un léger vélum en suspension, s’ouvre et se referme à volonté.

F. Vitali (12 décembre 2005)


* Immeuble de logements « Le Dauphin »
154 rue Louis Becker 69100 Villeurbanne

Réalisation : 1977
Architectes : René Gimbert & Jacques Vergely

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E3.8

La fréquentation d'un chef d'œuvre n'est pas chose facile. Le pastiche des glorieux prédécesseurs ou la production d'un manifeste concurrent sont tentants. Evitant ces écueils, les concepteurs calmèrent le jeu aux franges du centre monumental des Gratte-Ciel. Il en résulte une architecture claire, sans effets de style. Longeant la rue, la façade déroule ses lignes horizontales. Un discret avant corps s'avance en porte à faux, ponctuant cette linéarité. Juste à hauteur de vue, des baies malicieuses s'allongent comme si elles plissaient des yeux, offrant des cuisines le spectacle arboré des placettes arrières du théâtre.

J. Rey (19 décembre 2005)



Du Lundi 6 Décembre 2004 au Mercredi 31 Décembre 2008
Grand-Lyon
Dans la ville ... (textes parus en 2006)

* Maison du Peuple
8 boulevard Laurent Gérin 69200 Vénissieux

Réalisation : 1934
Architecte : Louis Weckerlin
Peintre : Jean Dulac
Réhabilitation intérieure en 1985 : architecte Georges Bacconnier, peintre Anne Legay

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E6.1

En 1929, le jeune architecte Louis Weckerlin, exprima la volonté d’une municipalité qui lui avait confié sa première réalisation.
Son projet émergeant aux confins du vieux bourg, parmi les usines, traduit avec force la place revendiquée de la culture, de la démocratie et de la solidarité sociale au cœur du monde industriel
Cet angle ouvert et monumental offre son ambitieux programme à la cité comme l’extraordinaire club ouvrier ZOUIEV à Moscou.
Le style est encore empreint de néoclassicisme. Il n’a pas encore subi l’influence cubiste de Le Corbusier qui n’apparaîtra qu’après la seconde guerre, à Bron Parilly.

J. Rey (9 janvier 2006)


* Centre International de Recherche contre le Cancer
65 bis rue Feuillat 69008 Lyon

Réalisation : 2000
Architectes : Christian Drevet, Rue Royale

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D4.5

Un simple parallélépipède aux façades de fenêtres persiennées uniformes et posées en quinconce sur une trame de pierres ; une couleur gris chaud de la patine du temps ; deux tilleuls pour marquer une discrète entrée.
Trois fois rien qui fait tout : une architecture évoquant Lyon (les fenêtres persiennées) ; les chercheurs (discrets derrière leurs persiennes) et leur recherche ; la façade ressemble au code barre d’ADN, objet des recherches de ce centre en cancérologie.
Ce projet est un équilibre subtil entre matière et sens et fait de cette modeste mais magistrale réalisation un exemple du mouvement minimaliste contemporain.

G. Perraudin (16 janvier 2006)


* Cité scolaire internationale
2place de Montréal 69007 Lyon

Réalisation : 1992
Architectes : Françoise Jourda & Gilles Perraudin

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C5.6

En aval du pont Pasteur, les quais du Rhône échappent à la stricte géométrie. Libérée de cette contrainte, la façade courbe du bâtiment se love dans le couvert végétal. Cette peau mouvante et transparente n'a d'autre fonction que de limiter le dedans du dehors. L'intérieur s'installe librement dans l'enveloppe. Coté Est, un toit végétalisé, d'où émergent les structures porteuses, abrite les multiples activités du lieu. Conscients de l'impact international de leur projet, les concepteurs ont mis en œuvre une architecture dont la qualité est, enfin, au niveau des ambitions mondiales de la cité rhodanienne.

J. Rey (30 janvier 2006)


* Tour du Crédit Lyonnais. Bureaux et hôtel
129 rue Servient 69003 Lyon

Réalisation : 1977
Architecte : Araldo Cossuta & Partners

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.13

La tour de la Part Dieu, dont la pointe culmine à quelques mètres au-dessous de Fourvière, évoque un gros crayon qui lui vaut son surnom.
Si les tours d’aujourd’hui cherchent la transparence, l’évanescence, le fondu, celle de Lyon est massive et épaisse. Elle rappelle le temps (très proche) où le béton surpassait le verre et les tours faites de matière palpable plus que de transparence.
Sommet de l’élégance du beau béton préfabriqué, elle marque la ville et le nouveau quartier de la Part Dieu d’un repère que l’on souhaiterait unique à Lyon. Coiffée d’une pyramide, elle a une silhouette originale dont la ville peut être fière.

G. Perraudin (6 février 2006)


* Le Hangar du Premier Film. Institut Lumière
25 rue du Premier Film 69008 Lyon

Réalisation : 1998
Architectes : Pierre Colboc, Didier Repellin
Scénographe : Ducks M. Cova
Mise en lumière : Roland Jéol

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D4.4

A l'aube du siècle dernier la nouvelle bourgeoisie créative et industrielle s'installa dans les faubourgs, loin des conservatismes de la presqu'île. En ces lieux, les frères Lumière inventèrent le cinéma. Ils expérimentèrent leur géniale trouvaille en filmant la sortie de leurs ouvriers. Cette architecture de béton et de verre respecte et met en scène cette frêle mémoire accrochée aux lambeaux d'une charpente, ultime vestige d'un atelier installé en fond du jardin d'une somptueuse villa. Ce bâtiment permet de déguster les meilleurs moments du septième art. Il s'inscrit subtilement entre deux artères d'une urbanisation incertaine.

J. Rey (13 février 2006)


* Parc de stationnement souterrain « Les Célestins »
Place des Célestins 69002 Lyon

Réalisation : 1994
Architecte : Michel Targe
Plasticien : Daniel Buren
Architecte d’intérieur : Jean-Michel Wilmotte
Signalétique : Y. D. Pennor’s

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.16

Le charme lyonnais se découvre souvent au sortir d'une sombre allée débouchant sur la Toscane. Ici, il s'est enterré pour anoblir le plus relégué des lieux : un parking souterrain. Comme à la Renaissance, architectes et artistes ont conjugué leurs talents pour donner à cette simple rampe des allures piranésiennes. Ils ont préféré l'émotion artistique à tout effet décoratif. Ils ont magistralement illustré le thème majeur du mouvement moderne : la mise en architecture des espaces les plus courants de la vie quotidienne. Ils ont exprimé sans passéisme le tréfonds poétique de Myrelingue la brumeuse, antique dénomination de Lyon.

J. Rey (20 février 2006)


* Institut de formation en soins infirmiers « J. Lepercq »
42 bis rue Professeur Grignard 69007 Lyon

Réalisation : 1971
Architecte : Charles Curtelin

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C4.4

N'oublions pas que le travail du béton s'inscrit dans les savoir-faire lyonnais. S'il est aujourd'hui injustement déconsidéré, il inspira les architectes de la modernité. Ils appréciaient sa pauvreté, signe d'ascétisme. Ethiquement, esthétiquement, ils préféraient la vertu de l'idée à la débauche des matériaux. Ce petit bâtiment illustre parfaitement cette manière de concevoir l'architecture. Symphonie de béton, de verre et de bois, il ménage quelques arbres, un brin de pelouse, en des lieux envahis par le bitume. Un monumental porte à faux permet au piéton de cheminer quelques instants à l'abri des tristes alignements alentour.

J. Rey (27 février 2006)


* Maison individuelle
20 rue Sainte Geneviève 69006 Lyon

Réalisation : 1931
Architecte : A. Eyraud

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.5

Les Brotteaux de l'au delà des voûtes nous réservent bien des surprises. En ce faubourg, la rencontre entre les excroissances ultimes du plan Morand et la trace de chemins ruraux, définit d'étranges parcelles "coincées". Ce défaut lyonnais n'est pas synonyme de créativité sauf pour cette petite maison dont l'architecture magnifie ce trait de caractère. Le rapport à l'espace public a été particulièrement travaillé. S'offre au passant un jardinet clos de grilles ouvragées. Puis la rondeur d'un péristyle vous conduit au cœur de la maison. L'architecte fait ici la preuve qu'urbanité et maison individuelle peuvent être compatibles.

J. Rey (6 mars 2006)


* Nouveau Palais de Justice
67 rue Servient, 44 rue de Bonnel 69003 Lyon

Réalisation : 1995
Architectes : Yves Lion & Alan Levitt
Paysagiste : Alexandre Chemetoff
Peintre (émaux) : Gérard Garouste

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.12

Erigé lors de la campagne de modernisation lancée par l’Etat dans les années 80, le Nouveau Palais offre une image renouvelée de la justice. Inséré dans la ville, sans façade monumentale, il apparaît comme un immeuble de bureaux ordinaire, dont les persiennes rappellent celles des immeubles traditionnels. D’un plan « en peigne », 4 redents accueillent les bureaux et pénètrent la ville tout en s’en protégeant par des douves, tandis que les vides créés abritent des gradins plantés occupés par les salles d’audience. Dans cet ensemble digne et rigoureux comme il se doit, la justice y est rendue dans l’intimité et la lumière.

F. Vitali (13 mars 2006)


* Gare TGV de Lyon Saint-Exupéry
Aéroport Lyon Saint-Exupéry 69500 Colombier-Saugnieu

Réalisation : 1994
Architectes : Santiago Calatrava, Agence des Gares - Jean-Marie Duthilleul

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : hors plan

Construite à la création de la ligne TGV contournant Lyon, la gare ferroviaire est une œuvre atypique : complétant spectaculairement les équipements aériens et routiers, elle constitue le premier exemple français de plateforme multimodale. Tel un aigle prenant son envol, le monumental hall d’accueil transparent aux ailes de métal et de verre dépliées, enjambe les rails, dont l’écrin en résille de béton révèle un dessin d’une grande fluidité. A travers son architecture pleine d’élan et d’audace, cet ensemble sculptural donne à la région Rhône-Alpes une identité visuelle forte et affirme son rôle de plaque tournante européenne.

F. Vitali (27 mars 2006)


* Hôtel de la Communauté Urbaine de Lyon, aujourd’hui Le Grand Lyon
20 rue du Lac 69003 Lyon

Réalisation : 1976
Architectes : René Gimbert & Jacques Vergely
Sculpteurs : Claude Viseux, Louis Molinari
Mise en lumière : Les éclairagistes associés - Laurent Fachard

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.17

A la Part-Dieu, centre directionnel de Lyon où béton et verre règnent sur dalle, l’imposant Hôtel du Grand Lyon illustre magistralement l’architecture de bureaux des années 70, constituée par de vastes surfaces libres, modulables au gré des besoins. Audacieuse pour l’époque, l’ossature est lisiblement constituée de 4 piliers creux disposés en carré à l’intérieur desquels prennent place ascenseurs et circulations. Au-dessus, 4 poutres apparentes auxquelles sont suspendus les 5 étages du bâtiment permettent de libérer totalement le sol. L’enveloppe se suffisant alors à de simples mûrs rideaux, s’élève élégamment dans le ciel.

F. Vitali (3 avril 2006)


* Immeuble de logements « Le Brévent »
47 avenue Vallioud 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon

Réalisation : 1952
Architecte René Gagès
Ferronnerie : Yves Bouget

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : B4.1

L'enthousiasme moderniste ne se limitait pas aux grands ensembles. Dans les parcs, aux flancs des collines s'érigèrent des immeubles d'habitation participant à l'avant-garde caractéristique alors du logement social. A Sainte-Foy, un privé promu cet ensemble, reprenant l'esprit et les concepteurs de Bron Parilly et de la Duchère. La rigueur architecturale et environnementale de ces bâtiments préserve le paysage et, sans le dépecer, le patrimoine naturel des grandes propriétés qui les accueillaient. Comment se fait-il qu'une architecture condamnée comme perverse quant elle est sociale devienne vertueuse quant elle est bourgeoise ?

J. Rey (24 avril 2006)


* Embarcadère
Parc de la Tête d’Or 69006 Lyon

Réalisation : 1913
Architecte : Etienne Curny

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D2.8

La digue, aujourd'hui support de la Cité Internationale, transforma un bras du Rhône en lac d'agrément, en lieu de canotage. Cette activité ludique, tant appréciée des citadins de la belle époque, fut célébrée par les peintres puis par les cinéastes. Un poétique repère devait indiquer l'embarquement. Ce fut le propos architectural de ce petit bâtiment. Au pied de monumentales frondaisons, faisant corps avec son quai, il nous offre l'intelligence subtile de ses matériaux et de ses percements. Enserrant une petite porte centrale, deux curieuses fenêtres au regard ensommeillé, surveillent discrètement les amoureuses navigations.

J. Rey (15 mai 2006)


* Immeuble de logements
22 rue Grolée 69002 Lyon

Réalisation : 1930
Architecte : Victor Bonnetin

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.15

La République termina, par la rue Grolée, la restructuration de la presqu'île entreprise par l’Empire. Dans les années vingt, il ne restait à construire que quelques délaissés. Le concepteur exploita architecturalement cette forte contrainte. Pour augmenter les surfaces habitables, la façade surplombe la rue. Elle ne respecte pas l'alignement à l'exception du dernier niveau disposant, en recul, d'une terrasse. La hauteur des étages n’est pas identique à celle des constructions voisines, les fenêtres s'ouvrent beaucoup plus largement vers la lumière. Loin de perturber l'espace urbain, ces successives anomalies le ponctuent.

J. Rey (22 mai 2006)


* Immeuble de logements « Barioz »
7 quai Général Sarrail 69006 Lyon

Réalisation : 1932
Architectes : L. & C. Donneaud

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.11

Aucun prince n'ayant doté Lyon d'une perspective monumentale, la nature lui donna le Rhône. Des architectures ont voulu s'illustrer le long de ses rives : l'Hôtel Dieu, les Facultés, aujourd'hui la Cité Internationale. Célébrant de nobles activités, elles animent la rigueur des façades. Pour signifier l'inventivité du textile lyonnais, un soyeux et un architecte sont allés puiser leur inspiration dans la modernité du siècle. Vers le nord et vers le sud, dominant les toits, deux hiératiques visages ouvrent leurs yeux sur le monde. L'enthousiasme jubilatoire de cette architecture offre un moment de rêve au promeneur des quais.

J. Rey (29 mai 2006)


* Immeubles de logements « Moncey-Nord »
177 à 191 rue Duguesclin, 100 cours Lafayette 69003 Lyon

Réalisation : 1963, 1965
Architectes : Jean Zumbrunnen, Marcel Gut, Jean Sillan

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.8

Cette trace du premier plan de la Part Dieu fut l’oeuvre d'un architecte connu pour sa rigueur conceptuelle. Ici, il appliqua sans concession le principe corbuséen des unités d'habitation. Le brutalisme de l'écriture plastique rencontra heureusement le savoir-faire des entreprises locales de béton armé. Dix ans après Bron Parilly, ces immeubles restent le témoignage lyonnais le plus abouti du mouvement moderne.
Ce type d'architecture est aujourd'hui accusé de tous les maux de la ville. Ces barres n'ont pas précipité la déchéance sociale d'habitants les occupant « de manière bourgeoise », ainsi que le souhaite tout bon régisseur.

J. Rey (12 juin 2006)


* Ecole Municipale de Tissage, auj. Lycée Diderot
43 cours Général Giraud 69001 Lyon

Réalisation : 1933
Architecte : Tony Garnier
Réhabilitation : 1995, HTVS

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.1

De ce jardin dont l'école constitue le fond de décor, la colline qui travaille observe la colline qui prie. Par son architecture et la texture de ses matériaux, cet « immeuble contrefort » participe d'un site exceptionnel couronné par le dôme baroque de Saint-Bruno. Le rythme des pilastres, l'amplitude des baies vitrées, ponctuent le boulevard sans le submerger. Etape intermédiaire du cheminement qui, depuis les Terreaux, conduit au plateau, ce balcon nous séduit par sa subtile urbanité.
Il est regrettable que les extensions contemporaines, par leurs extravagances, n'aient pas respecté la modeste pertinence de cette oeuvre.

J. Rey (19 juin 2006)


* Tour du Crédit Lyonnais. Bureaux et hôtel
129 rue Servient 69003 Lyon

Réalisation : 1977
Architecte : Araldo Cossuta & Partners

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.13

La tour de la Part Dieu, dont la pointe culmine à quelques mètres au-dessous de Fourvière, évoque un gros crayon qui lui vaut son surnom.
Si les tours d’aujourd’hui cherchent la transparence, l’évanescence, le fondu, celle de Lyon est massive et épaisse. Elle rappelle le temps (très proche) où le béton surpassait le verre et les tours faites de matière palpable plus que de transparence.
Sommet de l’élégance du beau béton préfabriqué, elle marque la ville et le nouveau quartier de la Part Dieu d’un repère que l’on souhaiterait unique à Lyon. Coiffée d’une pyramide, elle a une silhouette originale dont la ville peut être fière.

G. Perraudin (26 juin 2006)


* Station de métro « Debourg »
Avenue Jean Jaurès, avenue Debourg 69007 Lyon

Réalisation : 2000
Architecte : Christian Drevet
Plasticien : Bruno Yvonnet

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C4.11

Les aménagements souterrains contraignent les architectes à s'intéresser à la matière première de leur art : le vide pas le plein. Ils n'ont pas de façade pour s'illustrer. La banale géométrie de cette station aurait pu se satisfaire d'effets purement décoratifs. Ici, au contraire, le concepteur a fait un choix architectural.
La structure métallique libère les quais. Elle unifie la perception spatiale de l'ensemble de la station. Son dessin annonce le lyrisme de l'Ecole Normale Supérieure découverte au sortir des escalators.
Photos de mer et de désert, plaques au sol évoquent pédagogiquement, poétiquement la mémoire des lieux.

J. Rey (3 juillet 2006)


* Halle, place
Place du 8 mai 1945 69008 Lyon

Réalisation : 2001
Architecte : Françoise-Hélène Jourda
Paysagistes : In Situ

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D5.1

Les marchés furent de tous temps des lieux de sociabilité, les halles, des thèmes d'architecture. Françoise Jourda illustre cette tradition en un quartier en mal d'urbanité. Son oeuvre relie, dans les faits et dans l'imaginaire, l'illustre cité de Tony Garnier aux tristes ensembles s'égrenant le long de la route de Lyon à Vénissieux.
Cette structure en bois, rustiquement équarrie, protége le chaland de la pluie tout en ménageant la transparence entre boulevard et pelouse. Les locaux de service enfermés en de gros cailloux noirs sont posés ça et là. La toiture parfois se déchire pour laisser la lumière traverser les vitraux.

J. Rey (10 juillet 2006)


* Amphithéâtres de l’INSA
Campus de la Doua. 69100 Villeurbanne

Réalisation : 1958
Architectes : Jacques Perrin-Fayolle GPR

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D2.4

Pensé par le Grand Prix de Rome J. Perrin-Fayolle, le 1er campus universitaire scientifique lyonnais est un vaste ensemble stylistiquement uniforme dans lequel horizontalité et angles droits dominent. Au milieu des sévères barres en béton brut de décoffrage disposées perpendiculairement, trois petits édifices singuliers – les amphithéâtres – se détachent sensiblement par leur forme et semblent prêts à s’envoler. Très à la mode dans les années 50, leur couverture dite en «Paraboloïde Hyperbolique» ou plus simplement «en selle de cheval», présentait l’avantage d’être relativement fine, légère mais également très résistante.

F. Vitali (21 août 2006)


* Gymnase « Jean Mollier »
21 rue Docteur Dolard. 69100 Villeurbanne

Réalisation : 1997
Architecte : Christian Drevet

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.20

Inséré sans ostentation dans le tissu urbain et en parfaite résonance avec le quartier, le Gymnase Jean Mollier est un simple Parallélépipède de béton et de verre qui ne veut apparaître que pour ce qu’il est. Posé à l’angle du collège, sa fonction ne fait aucun doute. Le jour, d’un simple mur de béton perforé, des cylindres translucides créent une source de lumière qui constelle l’espace intérieur ; la boîte illuminée la nuit, le rapport s’inverse. Délaissant volontairement le registre de la forme, Christian Drevet se focalise alors sur les qualités des matériaux pour donner au bâtiment une dimension sensorielle et poétique.

F. Vitali (4 septembre 2006)


* Marché aux bestiaux des abattoirs de la Mouche, auj. « Halle Tony Garnier »
20 place Antonin Perrin 69007 Lyon

Réalisation : 1914
Architecte : Tony Garnier
Ingénieur : Bertrand de Fontviolant
Rénovations : 1988 Bernard Reichen & Philippe Robert, 2000 Atelier de la Rize

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C5.1

Arrachée de justesse aux démolisseurs, l’œuvre de Tony Garnier s’inscrit, par son audace architecturale et technique, parmi les cathédrales de l’industrie. Cette monumentale structure transcende, dès l’origine, son propos initial. D’essence polyfonctionnelle, elle abrite avec succès une exposition internationale, une usine d’armement, un marché à bestiaux, les péniches de la cité industrielle, aujourd’hui un lieu culturel polyvalent. Symbole de la modernité lyonnaise devenue image du technopole de Gerland, cette architecture en continuelle mutation inspira tous les concepteurs qui, successivement, l’aménagèrent avec respect.

J. Rey (11 septembre 2006)


* Musée de la Civilisation Gallo-Romaine
17 rue Cleberg 69005 Lyon

Réalisation : 1975
Architecte : Bernard Zehrfuss
Ingénieur : Jean Dumoulin
Muséographie : Lasfargues, Poinsot, Audin

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.18

Ce bâtiment conjugue une utopie muséale sans rapport avec le lieu, avec son passé et un site, un topos, façonné par deux mille ans d’histoire. L’utopie se réfère au musée à la croissance illimitée de Le Corbusier à Ahmedabad et à la spirale de la fondation Guggenheim de Wright à New York. Sorte d’escargot enfoui aux flancs de la colline de Fourvière, le cheminement architectural domine sans être vu le théâtre et l’odéon. Savamment disposés entre médailles et statues, quelques hublots ouvrent sur l’antique paysage. Cet invisible édifice transmet, sans colonne ni fronton, la mémoire celtico latine de la capitale des Gaules.

J. Rey (18 septembre 2006)


* Immeuble de logements « Résidence Claire »
43 à 45 avenue Rockfeller 69003 Lyon

Réalisation : 1965
Architecte : Atelier René Gagès, Gabriel Roche
Peintre : Claude Idoux
Sculpteur : Maxime Descombin

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E4.8

Expérimentée à Bron Parilly, la collaboration entre architectes et artistes fut ici fructueuse. Ceux-ci ont inspiré le dessin des coffrages, des claustras métalliques, la polychromie malheureusement disparue des allèges en béton moulé. Ils ont sculpté les boites aux lettres. Urbaine, cette architecture de béton, d’acier, de verre et de bois contribua au paysage de ce quartier en formation. L’un des deux immeubles se colle au pignon voisin pour en masquer la pauvreté, l’autre se retire élégamment derrière les frondaisons au bénéfice partagé de ses résidents et de l’avenue, auxquels il offre un écrin protecteur et verdoyant.

J. Rey (25 septembre 2006)


* Parking « Moncey-Nord »
Rue de Bonnel 69003 Lyon

Réalisation : 1970
Architectes : Jean Zumbrunnen, Charles Delfante, René Provost

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.10

De l’escalier à double révolution de Chambord à celui de la cour des Voraces, en passant par celui qui gravit le ciel le long de Beaubourg, les circulations inspirèrent de tous temps les architectes.
Transformer les rampes d’un parking, objet utilitaire s’il en fut, en signe culturel, tel est le pari gagné de cette architecture. La dimension sculpturale de cette spirale lui confère un lyrisme s’inscrivant en contrepoint de la rigueur géométrique des immeubles qui l’entourent. Privé de cette fleur de béton et de gravillons, le quartier retournerait à la triste banalité des alignements administratifs.

J. Rey (2 octobre 2006)


* Chapelle de semaine de la paroisse de l’Epiphanie
2 rue du Président E. Herriot 69200 Vénissieux

Réalisation : 1969
Architecte : Franck Grimal
Ferronnier d’art : Yves Bouget

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E6.2

Il était difficile de concevoir une église en cet univers de tours et de barres enlevant à l’architecte toute velléité de célébrer, comme au temps des cathédrales, entre ciel et terre, la Jérusalem Céleste. Cessant d’être l’unique lien social, les religions ne marquent plus le paysage de la cité. Elles se ressourcent dans les profondeurs intimes du mystère de la foi. C’est ce que symbolise cette architecture sculpture qui, abandonnant toute idée de domination, fait jaillir, au cœur de monumentales constructions, ce cristal métaphysique procurant une jubilation poétique au passant, croyant ou non à cette révélation.

J. Rey (16 octobre 2006)


* CHS Le Vinatier
Bâtiment 204. Ecole des Cadres Infirmiers. 95 boulevard Pinel 69500 Bron

Réalisation : 1998
Architecte : Jean-Pierre Givord

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E4.9

L’extension qui abrite l’Ecole des Cadres Infirmiers du CHS est un modeste pavillon installé dans un parc. D’une grande pureté géométrique, il est le fruit d’un travail sur les proportions qui s’appuie sur les suites de chiffres dictées par le Nombre d’Or : un bâtiment rectangulaire percé d’ouvertures carrées à rez-de-chaussée surmonté d’un attique transparent renfermant la bibliothèque. L’enveloppe en béton brut, comme les bâtiments voisins, met en évidence les couleurs intérieures des sols et des murs. Au milieu des arbres, les bancs abrités par un portique ceinturant l’édifice, participent également à la sérénité du lieu.

F. Vitali (23 octobre 2006)


* Institut des Sciences Cognitives - CNRS
67boulevard Pinel 69500 Bron

Réalisation : 1997
Architectes : Gimbert & Vergely

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E4.2

L’Institut souhaitait un lieu clos propice à la concentration et à l’échange. Il en résulte un bâtiment épuré dont le dialogue ouverture / fermeture constitue le point fort d’un dessin nourri de l’architecture cistercienne et de l’expression plastique de celle de Tadao Ando : transperçant le bâtiment, une faille nous en laisse entrevoir toute la subtilité. Sur 2 niveaux, le plan carré du cloître médiéval percé en son centre d’un jardin aquatique ; des matériaux sobres, un béton d’aspect velouté allié au verre pour les circulations. L’ensemble épouse la pente et s’intègre sereinement dans le site arboré du parc de l’hôpital.

F. Vitali (30 octobre 2006)


* Monument aux Morts de la Guerre 1914-1918
Parc de la Tête d’Or 69006 Lyon

Réalisation : 1930
Architecte : Tony Garnier
Sculpteurs : J. et A. Larrivé, L. Bertola, C. Grange
MH

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D2.7

Dès 1918, architectes et sculpteurs peuplèrent la France d’œuvres commémoratives reflétant la multiplicité des regards, du patriotisme cocardier à l’antimilitarisme. La plupart de ces stèles, vendues sur catalogue, furent conventionnelles. Lyon fit exception. Tony Garnier rêvait d’un monument dominant Lyon depuis la Croix Rousse. Le voici sur le lac de la Tête d’Or. L’architecture-sculpture de ce lieu de mémoire s’inscrit dans un paysage romantique que, déjà, l’architecte imaginait dans ses dessins utopiques.
Ni chauvine, ni pacifiste, cette foule de pierre brandit son catafalque dans la sérénité d’une nature apaisée.

J. Rey (6 novembre 2006)


* Immeuble de bureaux « Le Guimet »
69 rue Duquesne 69006 Lyon

Réalisation : 1968
Architecte : D. Garnier

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D2.12

La rue Duquesne, sauvagement transformée en autoroute lors de l’ouverture du tunnel sous la Croix Rousse, recèle des trésors architecturaux malgré ses feux rouges et ses arbres malingres. Cet immeuble émergea de la banalité ambiante caractérisant la promotion bourgeoise de son époque. Il instaura la modernité au quotidien. Minimaliste dans le plus pure style Mies van der Rohe, cette élégante façade de verre apporta du soleil et de l’espoir à un lieu traumatisé par un goût immodéré du lucre et de l’automobile. Il est à craindre que les successives réfections et peintures ne dénaturent la subtile distinction de cette architecture.

J. Rey (13 novembre 2006)


* Syndicat des Entrepreneurs
23 avenue Condorcet 69100 Villeurbanne

Réalisation : 1968
Architectes : Paul Rostagnat, Pierre Genton, Robert Dussud

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D2.10

Proche du campus de la Doua, ce bâtiment exprime la culture commune qui, depuis les cathédrales devrait lier concepteurs et constructeurs pour garantir la qualité de l’architecture. Trente ans après les Gratte-ciel, le quartier du Tonkin représentait une nouvelle idée de la ville exprimée par une nouvelle esthétique du bâti. Conscients de cet enjeu, les entrepreneurs s’illustrèrent dans une œuvre conjuguant audace technique et avant garde architecturale. Moulée en superbe béton, la structure ponctuelle libère les plateaux, ménage de subtiles transparences en rez de chaussée. Creux et porte à faux couronnent des façades de verre et de métal.

J. Rey (20 novembre 2006)


* Usine Textile Artificielle du Sud-Est
Chemin de la Poudrette, avenue du Bataillon Carmagnole-Liberté 69120 Vaulx-en-Velin

Réalisation : 1925
Architecte : Charles Seriziat

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : F3.2

La banlieue ne fut pas, de tout temps, condamnée à n’être qu’un imbroglio de parkings, de boites à chaussures et de lotissements. A l’aurore du vingtième siècle, les patrons lyonnais découvraient enfin les vertus de la cité industrielle initiée par Ledoux, préconisée par Tony Garnier. En rase campagne, petites et grandes cités furent composées autour de l’usine mère. L’architecture monumentale de ce cœur industriel célébrait les vertus civilisatrices de l’activité usinière. De larges baies vitrées s’ouvraient sur une avenue ponctuée par l’alignement des arbres. L’avant corps central était axé sur le mail conduisant au stade.

J. Rey (4 décembre 2006)


* Ensemble de logements « Les Etoiles »
Centre de Givors

Réalisation : 1981
Architecte : Jean Renaudie

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : hors plan

"Quand je vois cet ensemble, je pense à quoi nous avons échappé" disait volontiers Camille Vallin, ancien maire de Givors. Réalisé grâce à la volonté politique de cet élu, au lieu et place d'un amas de tours et de barres, ce projet proliférant constitue l'une des plus éclatantes manifestations de contestation du productivisme dominant cette triste période. Agrippés à la colline, irrigués de venelles et de traboules, ces habitats, offrent leurs « terrasses jardins » à la vallée du Rhône. Leur géométrie complexe et sculpturale s'inscrit dans la tradition d'ancrage au territoire si caractéristique des architectures de la région lyonnaise.

J. Rey (11 décembre 2006)


* Centre d’échanges de Lyon-Perrache
Place Carnot, cours de Verdun 69002 Lyon

Réalisation : 1976
Architectes : Atelier René Gages / Guy Vanderaa, Jacques Rey
Ingénieurs : L. Fruitet, L. Petroff, J. Prouvé

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C4.1

Le Centre d’échanges est un moment architectural, «La Geste» du XXe siècle lyonnais, qui répond à la traversée du centre de Lyon par l’autoroute. A l’ère de l’urbanisme spatial et des structures nouvelles illustrées par Archigram ou Kenzo Tange, la complexité des fonctions de cet outil de gestion des flux fut résolue par la construction d’une mégastructure à l’implantation imposée. Le pari fut tenu : audacieuse, intrigante et unique à l’époque, l’œuvre s’impose par sa force brutale et la virtuosité de ses solutions. Au sommet de ces strates agitées, l’univers apaisé de jardins suspendus s’ouvre sur les toits de la ville.

F. Vitali (18 décembre 2006)


Du Lundi 6 Décembre 2004 au Mercredi 31 Décembre 2008
Grand-Lyon
Dans la ville ... (textes parus en 2007)

* Villas Garnier
1, 5, et 7 rue de la Mignonne 69009 Lyon

Réalisation : 1912, 1919, 1924
Architecte : Tony Garnier

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C1.1

Entre Saône et costière des Monts d'Or, ces trois villas ont été conçues puis réalisées par l'auteur de la cité industrielle. Le goût de l'époque n'envisageait alors que d'opulentes demeures de pierres chargées d'arrogantes modénatures. Dans ce lotissement par lui organisé, pour lui, pour sa belle-mère et sa femme, Tony Garnier dessina ces ascétiques demeures en béton plongées dans l'exubérante nature des berges de la rivière. Bien que de regrettables interstices se soient glissés dans cet ensemble, que la route ait éventrée la demeure du maître, cette rue de la Mignonne fleure bon les utopies que chérissait ce précurseur.

J. Rey (8 janvier 2007)


* Université Claude Bernard « Maison Condorcet »
Campus de la Doua, 13 boulevard André Latarjet 69100 Villeurbanne

Réalisation : 1994
Architectes : Michel Ferrand et Philippe Sigal

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D2.5

Géométriser l'espace fut, de l'antiquité au mouvement moderne, le propos permanent et incontournable de l'architecture et de l'urbanisme. Cette certitude est aujourd'hui mise à mal par le spectacle du chaos des urbanisations contemporaines. Un nombre croissant de concepteurs s'abstrait des logiques formelles de l'angle droit, utilisant les potentialités révolutionnaires de l'informatique. Aux franges de cette faculté scientifique composée suivant les règles les plus académiques, ce petit bâtiment gentiment déconstruit et provocateur fait souffler un vent de recherche et de poésie en un site désespérément triste et conformiste.

J. Rey (15 janvier 2007)


* Groupe HBM des abattoirs de Perrache et bains-douches
Quai Perrache, cours Bayard, rue Delandine 69002 Lyon

Réalisation : 1934
Architectes : Victor Robert et Jean Marin

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C4.5

L'ombre de Tony Garnier submergea la production architecturale lyonnaise de l'entre deux guerres. Nombre se contentèrent d'imiter le maître, quelques-uns s'illustrèrent en un langage plus moderne sans référence antique. Pour composer ce quartier populaire, Robert et Marin disposèrent au sein d'une trame régulière d'espaces publics, de petits immeubles rondouillards. Leur architecture exprime la plasticité du béton si magistralement exprimée par Le Corbusier, dans la lignée des peintres cubistes et de Fernand Léger. Respecté comme il convient, ce patrimoine de la modernité, qualifiera l'ambitieux projet urbain qui bientôt l'englobera.

J. Rey (22 janvier 2007)


* Manufacture des Tabacs – Université Lyon III Jean Moulin
6 cours Albert Thomas 69008 Lyon

Réalisation : 1914 et 1930
Architecte, ingénieur : E. Clugnet
Réhabilitation : 1998
Architecte : Atelier de la Rize - Albert Constantin
Sculpteur : Joseph Ciesla

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D4.3

La mutation des friches représente le thème favori de créateurs sensibles aux beautés des lieux industriels. Ce monument de brique et de métal s'inscrivait dans l'espace urbain et la mémoire lyonnaise. Pour ces raisons, ne pouvant être démolis, ils réclamaient un autre usage.
Les bâtiments, disposés en cours successives, se prêtèrent parfaitement à l'installation d'une université. Les classes s'organisent autour de jardins intérieurs propices au repos et à la réflexion à l'ombre des sculptures de Jo Ciesla. Exprimant leurs propres modernités, amphithéâtres et bibliothèques se greffent et s'entremêlent à la vénérable usine.

J. Rey (29 janvier 2007)


* Eglise Saint Jean Apôtre
Avenue Viviani, rue Alexis Carrel 69008 Lyon

Réalisation : 1963
Architectes : Alain Chomel, Henri Beaupère
Peintre (ambon, baptistère) : Henri Castella

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D5.2

Aux confins de Lyon et de Vénissieux, au croisement entre l'avenue Viviani et la rue Alexis Carrel, aux franges d'un espace aux accents Est allemand, a été discrètement installée une église. De cet austère volume occupant l'angle aigu des deux artères, émerge un frêle et sculptural clocher. Il émane de cet ensemble une sobre poésie en des lieux qu'aucune architecture n'avait jusqu'alors égaillé.
En pénétrant dans le sanctuaire, le regard est guidé vers le sommet du triangle, seul éclairé par la lumière venue du ciel. La force expressive du béton brut et de la stricte géométrie engendre un espace serein propice au recueillement.

J. Rey (5février 2007)


* Maison des Jeunes et de la Culture
13 avenue Henri Barbusse 69120 Vaulx-en-Velin

Réalisation : 1993
Architecte : Richard Plottier

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : F2.1

La banlieue reste le lieu d’expression d’une créativité ignorée par les conformismes de la ville centre. Ce bâtiment, dessiné par un concepteur jamais vraiment reçu entre Rhône et Saône, invite à se cultiver aussi bien par l’attrait de son architecture que par la qualité des activités hébergées. La dynamique de cette forme ouverte sur l’espace alentour incite à explorer ses trésors intérieurs pour, en sortant, s’envoler vers le ciel. Implanté entre le vieux et le nouveau centre de Vaulx-en-Velin, cette œuvre signifie qu’une dynamique de poésie et d’espoir a sa place en ces lieux où se joue le devenir de la mégapole.

J. Rey (Lundi 12 février 2007)


* Petite Cité TASE
Rue Alfred de Musset, du chemin de la Poudrette à l’avenue Salengro 69120 Vaulx-en-Velin

Réalisation : 1924
Architectes : Desseux & Alexandre

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : F3.3

Cette cité jardin, étrangère à la tradition lyonnaise, fut construite pour échapper aux contraintes de la ville centre et loger une main d’œuvre venant d’ailleurs. Maisonnettes et jardinets s’égrènent le long de venelles courbes débouchant sur un mail reliant le stade à l’avenue bordant l’usine. Les logements sont groupés par deux à l’exception des villas uni- familiales des ingénieurs. L’architecture exprime la hiérarchie interne de l’entreprise. Cours ombragées, venelles sinueuses, toitures et plantations respirent l’urbanité. La composition urbaine, si souvent absente des lotissements, constitue ici le charme du lieu.

J. Rey (19 février 2007)


* Station de métro « Place Jean Jaurès »
Avenue Jean Jaurès, rue Pré Gaudry 69007 Lyon

Réalisation : 2000
Architecte : Robert Dussud
Plasticien : Patrick Raynaud

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C4.7

L'époque brise les frontières communément admises entre les arts. Ici l'architecte et l'artiste se sont entremêlés pour offrir aux usagers du métro un hommage à la mobilité sous la forme d'une invitation au voyage autour de la planète bleue. Art ou architecture ? Art architectural ou architecture artistique ? Ces questions théoriques ne sauraient être abordées dans le peu de temps passé en attendant les rames. En masquant les techniques de construction, l'architecte s'est volontairement effacé devant l'artiste. Il est donc vivement conseillé aux voyageurs de se laisser transporter en ces lieux, qui partagent avec Lyon la même latitude.

J. Rey (26 février 2007)


* Hôpital Grange Blanche, auj. Hôpital Edouard Herriot
6 Place d’Arsonval 69003 Lyon

Réalisation : 1933
Architecte : Tony Garnier
Sculpteur : Georges Salendre
MH

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E4.6

Cet hôpital dont l'organisation pavillonnaire est aujourd'hui contestée représente le plus vaste ensemble illustrant les idées de la cité industrielle de Tony Garnier. Entourés d'arbres de haute tige, les bâtiments sont régulièrement disposés sur une légère pente. Leur architecture joue sur le béton, la pierre, la brique et les pergolas si chères au maître lyonnais. Les vastes baies métalliques furent conçues par Jean Prouvé et la Chapelle par Louis Thomas.
Inadaptée aux évolutions de l'hospitalisation, cette œuvre est menacée. Du fait de sa modernité, mérite-t-elle moins de respect que l'hôtel Dieu de Germain Soufflot ?

J. Rey (5 mars 2007)


* Médiathèque Santé
Rue Volney 69008 Lyon

Réalisation : 1994
Architectes : René Gimbert & Jacques Vergély

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E4.10

Blottie au sein d'un brin de verdure miraculeusement préservé à l'angle de deux rues, ce subtil édifice apporte un peu de joie et d'humanité à un campus dominé par la sinistre composition néo classique de la faculté de médecine. Cette architecture de béton brut, de verre et de métal s'inscrit intelligemment dans ce site oublié. Le hall d'entrée ouvre largement sur un paysage exploitant les moindres monticules, respectant les plantations les plus modestes. Il n'a pas été ici nécessaire de multiplier les effets de style et de jouer sur la richesse des matériaux pour inspirer une sérénité propice à ce lieu d'étude et de réflexion.

J. Rey (19 mars 2007)


* HBM « Les Gratte-Ciel »
Avenue Henri Barbusse 69100 Villeurbanne

Réalisation : 1931 à 1934
Architecte : Môrice Leroux

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E3.4

Installés en plein cœur de ville, par leur urbanité, la desserte et la disposition de leurs appartements, ces immeubles d'Habitat Bon Marché participent à l'utopie sociale du projet urbain du centre de Villeurbanne. Les logements, de petite dimension, réservent l'essentiel de la vie sociale aux nombreux équipements collectifs qui les accompagnent. Ils sont accessibles par des coursives, sortes de rues intérieures favorisant les échanges. Les redents permettent à chacun de bénéficier du soleil et de la lumière. L'écriture architecturale pure et monumentale exprime la modernité de cette cité ouvrière face au traditionalisme de la ville centre.

J. Rey (26 mars 2007)


* Cité Internationale
Quai Charles de Gaulle 69006 Lyon

Réalisation : 1995 à 2006
Architecte : Renzo Piano
Paysagiste : Michel Corajoud

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D2.1

Cette digue désolée inspira de tout temps les architectes. Ils y situèrent des objets symboliques des ambitions internationales de la ville : pavillons centraux des expositions universelles, palais de foire. Dernier en date, ce beau dinosaure de verre et de brique, s'est indolemment allongé entre le parc anglais des frères Bühler et le monumental quai de Michel Corajoud. Clin d'œil au feu bâtiment de Charles Meysson, une rue intérieure conduit de cinéma en musée, de casino en salles de congrès. Cette avant goût de Lyon que, traversant le fleuve, fait découvrir le train, est-ce un morceau de ville ou un morceau d’architecture ?

J. Rey (2 avril 2007)


* Hôtel des Postes, Télégraphes et Téléphonies de Lyon
Place Antonin Poncet 69002 Lyon

Réalisation : 1938
Architecte : Michel Roux-Spitz
Peintres : Bouquet, Dulac, Bardey
Sculpteurs : Renard, Salendre

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.20

D'Alger à Mexico, après les lieux du pouvoir, les gares, les bâtiments des postes furent conçus comme des monuments identifiant les villes de Moscou à Chicago. En ces années trente, partout la modernité fut mise en cause. L'architecte lyonnais M. Roux-Spitz avait contesté jusqu'à s'exiler, le traditionalisme des épigones de Tony Garnier. Cette rigide ordonnance marquant l'espace public constitue pour ce créateur un tournant, un retour au néo classicisme, qu'illustraient alors les régimes totalitaires. L’aspiration sociale à l'ordre liée à l'époque prend la forme d'une monumentalité figée influençant jusqu'aux arts d'accompagnement.

J. Rey (16 avril 2007)


* Hôtel de Ville
Place Docteur Lazare Goujon 69100 Villeurbanne

Réalisation : 1934
Architecte : Robert Giroud
MH

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E3.5

Les valeurs fondatrices des villes s'expriment traditionnellement par des émergences caractérisant les cités entre ciel et terre. Le beffroi démocratique concurrençait le clocher mystique. Tous deux furent dominés par le gratte-ciel de la finance. La tour d'horloge, la monumentalité, l'inscription dans l'axe du projet urbain expriment ici en architecture la primauté du politique au cœur de la cité. Le hall de la mairie devient un espace public sur lequel donnent les bureaux d'élus et les lieux de la démocratie. La salle du conseil remarquablement menuisée est dotée d'un orgue permettant de célébrer dignement les mariages civils.

J. Rey (4 juin 2007)


* Immeubles de logements
56-58 cours Lafayette et 55-59 rue Rabelais 69003 Lyon

Réalisation : 1962-1963
Architecte : Michel Marin

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.7

En 1960, l’avant garde architecturale professait que seule l’industrialisation du bâtiment assumerait les enjeux de l’urbanisation. Il en résulterait une nouvelle esthétique libérée des conventions de l’académisme s’inspirant de la rationalité des objets manufacturés. Comme le métal était le symbole de l’automobile, machine à mobilité, il deviendrait celui du logement, machine à habiter. Cet immeuble, situé en façade d’un axe majeur de la rive gauche, traduit ce parti pris. Gaufré, le métal exprime sans retenue sa radicalité. En mur rideau, il englobe la structure de béton tandis qu’en retrait, en panneaux de façade, il l’exprime.

J. Rey (25 juin 2007)


* Grande Cité TASE
Rues Roger Salengro, Marius Grosso, Romain Rolland, Auguste Brunel

Réalisation : 1926
Architectes : Desseux & Alexandre

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : F3.1

Les Cités TASE font parties des rares initiatives patronales locales s’intéressant à l’habitat. Les grandes cités étaient destinées au logement ouvrier, les petites cités à l’encadrement. Les immeubles sont d’une architecture modeste mais rigoureuse. Les rares effets décoratifs ont été effacés par une intempestive isolation extérieure. L’intérêt principal réside dans la composition urbaine. Les bâtiments s’inscrivent dans un ensemble paysager mettant en scène jardins ouvriers et alignements d’arbres. Seule la partie Sud à été conservée. Des maisons de ville en triplex sont récemment venues conforter ce dispositif.

J. Rey (2 juillet 2007)


* Immeuble de logements « Modèle Innovation »
Rue des Verchères 69120 Vaulx-en-Velin

Réalisation : 1977
Architecte : Henri-Pierre Maillard

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : F2.3

Quant elle n’est pas formelle, l’innovation architecturale s’alimente d’un regard critique sur les modes de production de la ville. En réaction aux dérives productivistes, l’idée fut du promouvoir des systèmes industrialisés proliférant se développant en tissus continus à l’image des villages insulaires grecs ou des casbahs. Fruit de cette recherche, ce projet entremêle, à partir d’une trame structurelle systématique, des logements différenciés disposant chacun de terrasses privatives. L’ensemble constitue un paysage collinaire de faible hauteur tranchant radicalement avec l’accumulation hétéroclite du grand ensemble environnant.

J. Rey (9 juillet 2007)


* Stade de Gerland
351 avenue Jean Jaurès 69007 Lyon

Réalisation : 1919
Architecte : Tony Garnier
Rénovations :
1984 Atelier René Gagès
1998 Atelier de la Rize

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C5.9

Ici, au gré des circonstances, l’architecture s’est construite sur l’architecture. Tony Garnier avait conçu un stade pour inciter les citadins non uniquement à regarder le sport, mais surtout à le pratiquer. Les tribunes étaient ascétiques, la pelouse accueillait de multiples disciplines. Le sport devenant progressivement spectacle, le client réclama un peu plus de confort. Respectueux de l’œuvre initiale, l’atelier Gagés couvrit discrètement les deux principales tribunes
L’équipe de football devenant illustre, Albert Constantin lui dédia une architecture triomphale émergeant tel un feu d’artifice du projet historique.

J. Rey (16 juillet 2007)


* Siège administratif de l’OPAC du Rhône
194 rue Duguesclin 69003 Lyon

Réalisation : 1973
Architectes : Jean Zumbrunnen, Marcel Gut, Jean Sillan

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.9

En référence à Le Corbusier, le mouvement moderne préconisait de libérer les façades du portage des immeubles. Les planchers soutenus ponctuellement, permettraient aux espaces internes de s’organiser sans contrainte au gré des usages et des mobilités. Les façades, simples rideaux de verre et de métal, s’ouvriraient sans limite sur le ciel et la cité. Ici, l’architecture applique rigoureusement ce concept. Elle célèbre, en une écriture minimaliste, la pureté et la transparence revendiquées par un mouvement HLM départemental ayant su, en cette circonstance, conjuguer avant garde sociale et avant garde architecturale.

J. Rey (3 septembre 2007)


* Immeuble de logements
34 rue Bugeaud, 129 rue de Créqui 69006 Lyon

Réalisation : 1929
Architecte : Pierre Renaud

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.1

Vivre sous les toits est une pratique courante, de nos jours généralement appréciée. Vivre sur les toits est un plaisir plus rare. Ce bel immeuble d'angle réserve ce privilège aux habitants de ses sommets. Il offre au voisinage le spectacle d'une nature foisonnante perchée entre ciel et terre Ces jardins suspendus, d'ancienne tradition lyonnaise, constituent une alternative poétique à l'infructueuse opposition entre toiture et terrasse. La belle ferronnerie naturaliste de la porte d'entrée vous souhaite la bienvenue. Intégré à la rampe d'escalier, un élégant luminaire de verre et de métal vous invite à gravir les étages.

J. Rey (17 septembre 2007)


* Hôpital Neurologique et Neurochirugical « Pierre Wertheimer »
59 boulevard Pinel 69500 Bron

Réalisation : 1963
Architectes : Antonin et Alain Chomel
Peintres : Henri Castella, Henri Lachièze-Rey

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E4.1

De l’Hôtel Dieu à Grange Blanche, lieux de souffrances mais aussi d’espoir, les hôpitaux lyonnais s’efforcèrent, par l’architecture d’alléger l’angoisse de nos sociétés face à la maladie. Ici, l’architecte a choisi la sérénité pour rassurer le patient. Sortant à la rencontre du visiteur, le hall l’accueille par un bas relief le long duquel il s’élève pour accéder aux services. L’horizontalité affirmée des plateaux s’anime des avancées et des reculs de façades adoucissant les rapports brutaux entre l’intérieur et l’extérieur. Une polychromie joyeuse animait l’ensemble. On a cru bon de l’effacer.

J. Rey (24 septembre 2007)


* Médiathèque
Place Valmy 69009 Lyon

Réalisation : 2000
Architecte : Jean-Louis Godivier

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : B2.10

La place Valmy aurait tant aimé être ronde, garder sa pyramide. Elle a convaincu de ce rêve ses premiers riverains, puis chacun a fait ce que bon lui semblait. La médiathèque constitue le point d'orgue de cette déconstruction. Elle pose ici comme dans le quartier voisin de l'industrie, la question des rapports entre la forme architecturale et la forme urbaine. Ce paradoxe une fois surmonté, à l'intérieur on est séduit par la fluidité d'espaces propices à la lecture, à la réflexion et la maîtrise des points de vue sur la ville alentour. La place Valmy en mal de rondeur, serait-elle la première victoire de la ville incertaine ?

J. Rey (1er octobre 2007)


* Immeuble de logements
45 rue Sangnier 69100 Villeurbanne

Réalisation : 1964
Architectes : Dalmais, Mosnier et Dallière

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E3.11

Cette architecture illustre l'un des principes fondateurs du mouvement moderne : un maximum d'effets avec un minimum de moyens. L'animation des façades se résume en un jeu savant de baies verticales, de fentes en pavés de verre et de volets coulissants. Le plan trapézoïdal de l'immeuble rejoint l'ovale de la place par un éperon, d'où émergent deux respirations aménagées en verrière pour éclairer l'intérieur d'une institution fiscale protégée de la rue. Cet intéressant projet, introuvable en ces lieux ignorés, est l'œuvre d'une équipe d'architectes dont l'éthique et la modestie ne devraient pas faire oublier le talent.

J. Rey (8 octobre 2007)


* Immeuble de logements
8 rue de la Vieille 69001 Lyon

Réalisation : 1996
Architectes : Tekhné

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.3

La modernité est-elle convenable sur le site de l'antique Condate, où vivaient les nautes ? L'ère médiévale puis la Renaissance ne pastichèrent pas les huttes gallo-romaines. Les écoles modernistes de Jules Ferry firent de même. Il aura fallu attendre la fin du XX° siècle pour que s'imposent, en ces pauvres quartiers, les incertaines références à l'histoire. Oeuvre salutaire, ce petit immeuble engoncé entre deux battisses, tout de douceur et d'intelligence et surtout d'amour de ce lieu historique et populaire, illustre sans concession, que le respect du passé peut s'exprimer en une architecture célébrant son présent.

J. Rey (15 octobre 2007)


* Groupe scolaire « Pasteur »
4 à 8 route de Corbas 69200 Vénissieux

Réalisation : 1934
Architectes : A. Pérole et A. Chollat

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E6.4

Construite initialement entre champs cultivés et maisons en pisé, cette école fut un acte prémonitoire présageant par la modernité de son architecture, le béton de ses murs et l’enseignement qui s’y dispensait, la ville en devenir. L’imbrication sculpturale de ses volumes, la qualité de ses espaces intérieurs expriment avec talent l’esthétique novatrice et libératrice que les avant gardes imaginaient pour les cités populaires. Aujourd’hui, véritable oasis de poésie au sein d’urbanités qui trop souvent en furent privés, cet édifice est cher au cœur, à la mémoire de ceux qui le fréquentèrent. Ils se mobilisent pour le protéger.

J. Rey (29 octobre 2007)


* Groupe scolaire « Pasteur »
4 à 8 route de Corbas 69200 Vénissieux

Réalisation : 1934
Architectes : A. Pérole et A. Chollat

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : E6.4

Construite initialement entre champs cultivés et maisons en pisé, cette école fut un acte prémonitoire présageant par la modernité de son architecture, le béton de ses murs et l’enseignement qui s’y dispensait, la ville en devenir. L’imbrication sculpturale de ses volumes, la qualité de ses espaces intérieurs expriment avec talent l’esthétique novatrice et libératrice que les avant gardes imaginaient pour les cités populaires. Aujourd’hui, véritable oasis de poésie au sein d’urbanités qui trop souvent en furent privés, cet édifice est cher au cœur, à la mémoire de ceux qui le fréquentèrent. Ils se mobilisent pour le protéger.

J. Rey (29 octobre 2007)


* Immeuble de logements
13 rue Saint-Lazare 69007 Lyon

Réalisation : 1961
Architecte : Paul Rostagnat

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D4.2

Les terrains entre la grande rue de la Guillotière et la voie ferrée furent libérés par l'exil des entreprises succédant aux bombardements de la deuxième guerre mondiale. Non contraints par une trame urbaine peu rigoureuse, ces tènements, accueillirent d'intéressantes expérimentations architecturales. Pour exemple, ce petit immeuble applique rigoureusement les principes de Le Corbusier. Les appartements en duplex, accessibles par coursives, sont clos par des façades de bois et de verre A quelque temps de là, le productivisme, la politique des modèles et le conformisme mettront un terme pragmatique à ces sympathiques utopies.

J. Rey (5 novembre 2007)


* Couvent de l’Adoration Réparatrice
131 boulevard Yves Farge 69007 Lyon

Réalisation : 1996
Architectes : Bernard Garbit & Jean-Pierre Blondeau

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C4.9

Au cœur de la cité et hors des bruits de la ville, tel est le propos paradoxal de cette architecture. Sur la ville, elle ouvre des loggias agrémentant la rue. Face à la halle Tony Garnier, sa façade et son clocher ponctuent la place. Ses volumes en ressauts animent la difficile naissance du boulevard. Protégée des agitations extérieures, son intériorité abrite un couvent dont la chapelle, ouverte à tous, est accessible par une coursive donnant sur le quartier. Le choix des matériaux, ciment brut, ciment laqué, métal, verre et bois, conforte l'ambition de son propos : Inventer de nouveaux rapports entre le religieux et l'urbain.

J. Rey (19 novembre 2007)


* Immeuble de logements
91 rue de Marseille 69007 Lyon

Réalisation : 1953
Architectes : Marc Rinuccini, Edouard Bonnamour

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C4.3

La rue de Marseille resterait triste si elle n'était ponctuée de quelques bâtiments exprimant la vitalité de cet ancien faubourg. L'extraordinaire garage Citroën ne doit pas faire oublier d'autres constructions plus modestes dont cet émouvant petit immeuble. Conception d'avant-guerre dans une ville s'ouvrant au Mouvement moderne, cette architecture est autre chose que le manifeste nostalgique d'un temps qui disparaît. Installée en son sommet, en plein ciel, une villa évoquant le décor d'un film de Sacha Guitry, est éclairée par une immense verrière s'ouvrant sur une terrasse close d'un mur chapeauté d'une courbe "trop" art déco.

J. Rey (26 novembre 2007)


* Groupe municipal d’éducation sociale, auj. Théâtre des Jeunes Années
23 rue de Bourgogne 69009 Lyon

Réalisation : 1933
Architecte : Michel Roux-Spitz

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : B2.9

Ce bâtiment simple et rigoureux est prémonitoire. Construit dans les années trente, il pourrait figurer parmi les travaux des architectes post modernes américains des années soixante-dix. Reliant deux rues secondaires débouchant en biais sur un axe majeur, l'incurvation de cette élégante façade, percée de baies horizontales, constitue l'urbanité d'un lieu qui en était tant dépourvue. L'architecture de l'entrée utilise le négatif de la courbe pour s'ouvrir sur le paysage de la rue, tel un écran panoramique. Rares sont les salles de spectacle qui bénéficient d’un tel monumental accueil, propice aux rencontres et aux expositions.

J. Rey (3 décembre 2007)


* Salle municipale de fêtes et de réunions, auj. Théâtre de la Croix-Rousse
Place Joannès Ambre 69004 Lyon

Réalisation : 1929
Architecte : Michel Roux-Spitz
Réhab. intérieure en 1980, Georges Bacconnier architecte

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C2.1

Succédant aux mairies et aux groupes scolaires, les salles des fêtes, nouveaux signes architecturaux identifiant les communes et les quartiers inspirèrent les créateurs de l’entre-deux-guerres. L'évolution des pratiques et des besoins conduisit les activités initialement sociales culturelles à devenir purement culturelles. Ce petit bâtiment habilement transformé en théâtre par un architecte scénographe bénéficie de l'amélioration de son environnement urbain. La nouvelle place met en scène le rythme néoclassique de la façade. La salle de spectacle utilise le jeu des emmarchements comme espace d'accueil et comme foyer.

J. Rey (17 décembre 2007)


Du Lundi 14 Janvier 2008 au Mercredi 31 Décembre 2008
Grand-Lyon
Dans la ville ... (textes parus en 2008)

* Station de métro « Gare de Vaise»
Place de Paris 69009 Lyon

Réalisation : 1998
Architecte : Atelier Didier-Noël Petit et associés
Plasticiens : Thierry Raspail, Victor Bosh

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : B2.7

La mise en relation de l’ensemble des modes de transport s’avère un des thèmes fondateurs des villes de demain. Expérimenté cours de Verdun dans des circonstances non maîtrisées, le pôle multimodal participe ici à la recomposition du quartier populaire de la place de Paris. Au travers des immeubles, une fenêtre urbaine donne à voir la belle tour de la Duchère. La monumentalité des vestibules de liaison leur confère des caractéristiques d’espaces publics. La grande hauteur et l’éclairage naturel de la station de métro combattent la désagréable sensation d’enfermement que ressentent trop souvent les utilisateurs de ce type d’embarcadère.

J. Rey (14 décembre 2008)


* Immeuble de logements « La Résidence »
20 quai Jean Moulin 69002 Lyon

Réalisation : 1968
Architecte : Paul Grange-Chavanis

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.9

Le XVIII° siècle démolit les fortifications bordant le Rhône. Les immeubles qui les remplacent ouvrirent généreusement leurs fenêtres sur l'avenir de la ville, au-delà du fleuve, dans les plaines dauphinoises. Les murs de façades, supports traditionnels des planchers, ne supportaient que des percements limités, de simples trous dans la maçonnerie. Utilisant les nouvelles techniques de construction, ce bâtiment ouvre totalement ses baies sur le grand paysage, des quais du Rhône au Mont Blanc. Par ce parti pris, cette architecture s'inscrit pleinement dans le choix historique d'ouvrir la presqu'île au soleil levant.

J. Rey (21 janvier 2008)


* Bourse du travail
205 place Guichard 69003 Lyon

Réalisation : 1936
Architecte : Charles Meysson
Mosaïque : Fernand Fargeot
Réhabilitation intérieure, 1999, Cuzin & Saulnier architectes
MH

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : D3.15

Architecte municipal, Meysson peupla la cité de ses constructions publiques, dont la plus célèbre est l'ancien palais de la foire du quai Achille Lignon. Habile dessinateur, il savait refléter l'air du temps. Ce temple du travail lui doit son style « Tony Garnieresque ». La façade monumentale occupe l'angle de l’îlot, où se croisent la géométrie du plan Crépet et le tracé biais de la rue Moncey. De ce fait, la rue de la Part Dieu accueille les manifestations extérieures liées à cet équipement, la place Guichard héritant d'une architecture secondaire décorée, faible consolation de la mosaïque réaliste socialiste de Fargeot.

J. Rey (28 janvier 2008)


* Immeuble de bureaux « Aventis Pasteur »
2 avenue Pont Pasteur 69007 Lyon

Réalisation : 1999
Architecte : Atelier de la Rize - Albert Constantin

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C4.8

À la sortie du pont Pasteur, deux immeubles annoncent le quartier de Gerland. Par leur subtil dialogue, ils ont transformé en boulevard ce qui n’était que le tournant d’une route. Présentant un éperon de verre face au futur musée des confluences, ce projet accueille le visiteur en ouvrant ses ailes sur la rue et en dévoilant tout son jeu intérieur de rampes, de coursives et d’escaliers. Le dessin de la couverture des locaux installés en ses sommets apporte une touche poétique à la rigoureuse organisation des façades. Il évoque irrésistiblement un oiseau prêt à s’envoler vers l’ambitieux futur de ce site en devenir.

J. Rey (4 février 2008)


* Externat Sainte-Marie
4 montée Saint-Barthélémy, 23-29 chemin de Montauban 69005 Lyon

Réalisation : dès 1966
Architecte et artiste : Georges Adilon

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C3.5

Se faufiler dans un trou à rat pour découvrir la Toscane, participe au charme discret des balades lyonnaises. Le chanceux ayant franchi l'austère façade de l'externat Sainte-Marie, ne découvrira pas l'ambiance florentine de la renaissance environnante, mais sera aussitôt subjugué par la modernité sans concession du monde imaginaire d'un poète, artiste en tout genre. Cet imbroglio de formes sculpturales gravit amoureusement la colline qui prie, la respectant plus qu'aucun pastiche n'a jamais su le faire. Célébrer un tel lieu n'est pas l'enfermer dans ses vieux oripeaux, mais lui écrire, ainsi qu'Adilon, le plus beau de ses poèmes.

J. Rey (11 février 2008)


* Université Claude Bernard Lyon 1
50 avenue Tony Garnier 69007 Lyon

Réalisation : 2001
Architecte : AABD

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : C5.8

Dans ce morne univers de panneaux publicitaires, de parkings, de stations services, au détour d’une queue d’autoroute maquillée en avenue, l’esthétique paisible de ces petits bâtiments est bien venue. Leur architecture symbolise la culture et l’intelligence qu’ils abritent. On peut regretter que ces jolis immeubles aient dû se protéger des agressions environnementales par un curieux mur de verre les masquant à notre regard. La simplicité de leur plan, calme heureusement le jeu des extravagances alentour. La couleur, le traitement des matériaux et la finesse du dessin apportent un peu de baume au cœur de ce lieu brutalisé.

J. Rey (18 février 2008)


* Centre scolaire et culturel « Vallon Grandvaux »
Avenue Paul Santy 69130 Ecully

Réalisation : 1977
Architecte : Alain Chomel
Tapisserie : Jean-Pierre Cluzel

Référence sur le plan guide « Un siècle d’architecture contemporaine. Lyon et alentours » : A2.2

Le dialogue de la rigoureuse géométrie des bâtiments avec ce superbe fond de vallon frappe au premier regard. C’est la vertu majeure d’une architecture implantée en des sites peu habitués à une telle politesse. Dévalant la pente, cette école décline une succession d’espaces d’enseignements. Les classes et autres lieux pédagogiques s’égrènent de niveaux en niveaux en un jeu savant d’escaliers, de paliers, se passant heureusement des couloirs symbolisant les institutions scolaires de l’enseignement obligatoire. Jeu de volumes et d’espaces, cet étonnant éboulement cubiste s’inscrit organiquement dans la nature avoisinante.

J. Rey (25 février 2008)


* Brasserie « L’Ouest »
1 quai du Commerce 69009 Lyon